Comment contribuer à Kosmorro (et bien d'autres logiciels libres) ?

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Dans la lignée des articles sur Kosmorro, le moment est venu de faire un point sur les différents moyens qui existent d'y contribuer. En effet, si vous avez suivi les deux derniers articles, vous n'êtes pas sans savoir que Kosmorro est un logiciel libre, et que comme tout logiciel libre, n'importe qui peut donc y contribuer. Dès lors, une question qui revient souvent dans ce monde est : comment faire ?

La bonne nouvelle, c'est qu'en fait, tout le monde peut contribuer à un logiciel libre, quel que soit son niveau et quelle que soit sa compétence. Car contribuer, ce n'est pas seulement écrire du code !

Note : bien que cet article soit centré sur Kosmorro, il s'applique en fait de manière quasi-identique à n'importe quel logiciel libre, quelle que soit sa taille ou son type (programme, librairie…). N'hésitez pas à vous renseigner auprès de la communauté dédiée à votre logiciel favori pour en savoir plus, ses mainteneurs seront toujours ravis d'avoir une paire de mains supplémentaire pour les aider !

Ce qu'il ne faut pas faire

Commençons par rappeler une chose : un logiciel libre est très souvent maintenu par des gens qui le font sur leur temps libre. En effet, peu d'entreprises donnent des moyens à leurs salariés pour leur permettre de développer un projet libre sur leur temps de travail, et souvent, quand c'est le cas, c'est parce qu'elles peuvent en tirer un profit.

Pour cette raison, il est souvent assez mal vu de demander aux mainteneurs d'un logiciel libre (quel qu'il soit), quand sortira telle nouvelle version, ou encore quand une nouvelle fonctionnalité sera mise à disposition, ou même quand un bug sera résolu. Tout simplement parce que cela dépend du temps dont dispose les mainteneurs pour gérer le projet. Dites-vous que cela embête autant les développeurs que vous qu'un bug puisse exister, et que ça les embête encore plus de ne pas savoir quand ils pourront y remédier. Leur demander ce genre d'information, aussi innocent soit-il, ne fait que leur apporter de la pression inutile.

Parfois, les mainteneurs proposent une feuille de route (roadmap) pour donner de la visibilité à plus ou moins long terme. Si elle est absente, c'est qu'ils ne souhaitent pas (ou ne peuvent pas) communiquer de date.

Également, cela peut sembler évident, mais n'oubliez jamais de rester cordiaux lorsque vous remontez un bug. Même si ce dernier vous impacte beaucoup. Gardez en tête que ce sont des humains qui traitent les tickets, et qu'ils le font parce qu'ils aiment le projet autant que vous. Se montrer insultant ne rend service à personne, pas même à vous.

Notez que la plupart des projets libres possèdent maintenant un code de conduite, qui rappelle ces règles. Celles-ci s'appliquent bien sûr également aux mainteneurs eux-mêmes, pour éviter des situations désastreuses comme celle qu'a connue il y a quelques années le projet GNU/Linux, dont le fondateur a dû se retirer quelques mois suite à des plaintes sur son comportement auprès de nombreux contributeurs.

Écrivez du code

Cela ne surprendra sûrement personne, et même si cet article se veut une ressource montrant d'autres moyens de contribuer, il serait stupide de ma part de ne pas rappeler cette évidence : un des meilleurs moyens de voir avancer un projet libre qu'on aime, c'est encore d'écrire du code. Si vous avez des connaissances techniques, n'hésitez pas à le faire. Si vous n'êtes pas habitué à contribuer à un logiciel libre, n'hésitez pas à demander de l'aide. Les mainteneurs seront toujours ravis de vous aider à ouvrir votre première pull request !

Souvent, les sources d'un projet comportent un fichier nommé CONTRIBUTING qui explique comment prendre en main le projet, installer ses dépendances et comment écrire sa contribution, donc pensez à bien le lire !

Vous voulez aider au développement, mais vous ne savez pas par quoi commencer ? Jetez un œil aux tickets ouverts ! Les plus "faciles" pour se lancer possèdent souvent le badge good first issue pour signaler qu'elles peuvent être prises en charge par des personnes qui souhaitent faire leurs premières armes sur le projet avant de se lancer sur des choses plus complexes.

Signalez les bugs

Un problème souvent rencontré par les mainteneurs est la tendance que peuvent avoir les utilisateurs à rester silencieux sur les bugs qu'ils peuvent rencontrer. Peut-être par peur de passer pour un casse-pied, ou même par habitude de rester passif, comme l'imposent bien des logiciels propriétaires. Parfois, simplement parce qu'ils ne savent pas comment faire.

Certains logiciels libres proposent un moyen de signaler un bug directement depuis l'application elle-même (via le menu Aide), mais ce n'est pas toujours le cas. Le plus simple pour savoir comment signaler un bug est encore de rechercher l'information sur le site officiel du projet. Par exemple, pour Kosmorro, tout est expliqué dans le fichier CONTRIBUTING.md.

Vous ne parlez pas anglais ? Recherchez un forum dans votre langue autour du projet et demandez de l'aide ! Les plus gros projets libres sont souvent supportés par des communautés dans des langues diverses, et possèdent un forum dédié à cela. Leurs membres se donneront une joie de vous aider !

Testez le logiciel

Souvent, les moyens ou le temps des mainteneurs ne leur permettent pas de tester le projet sur toutes les machines qu'ils voudraient. Que vous utilisiez un système ésotérique ou non, pris en charge ou non, testez-le sur votre machine !

Une nouvelle bêta, ou même une alpha, est publiée ? Testez-la !

Vous savez compiler un logiciel ? Clonez le dépôt, compilez le programme et testez-le !

Vous remarquez un comportement étrange pendant vos tests ? Un plantage ? Signalez-le !

Aidez à traduire le projet

Le projet n'est pas disponible dans votre langue, ou la traduction comporte des coquilles ? Vous comprenez bien l'anglais, et vous souhaitez proposer une traduction dans une langue actuellement non prise en charge ? Le moment est venu de proposer une traduction !

La plupart des logiciels libres sont traduits par leur propre communauté. La façon dont il faut s'y prendre varie beaucoup : cela peut aller de la simple modification de fichiers directement dans les sources du projet, à l'utilisation d'un outil dédié.

Concernant Kosmorro, j'ai fait le choix de passer par le site Weblate, qui fournit une interface simple et complète pour permettre aux traducteurs de se mettre au travail sans avoir à installer quoi que ce soit sur sa machine, ni se perdre dans des considérations techniques.

Parlez-en autour de vous

Cela peut paraître étrange de le rappeler, mais un logiciel vit avant tout grâce à sa communauté. Et il n'y a rien de plus satisfaisant pour ses mainteneurs que de voir les membres de cette communauté en parler autour d'eux.

Les logiciels libres n'ont généralement pas la force de frappe de beaucoup de logiciels propriétaires, qui gagnent plus rapidement leur base utilisateurs grâce à la publicité déployée par les entreprises qui les vendent. C'est ce qui fait, par exemple, que si vous faites de la photographie, vous aurez probablement déjà entendu parler d'Adobe Lightroom, mais pas de darktable.

Soutenez le projet financièrement

Pour maintenir un logiciel libre, il faut du temps. Et comme disait Benjamin Franklin, le temps, c'est de l'argent. C'est d'autant plus vrai aujourd'hui.

De nombreux mainteneurs manquent cruellement de temps pour travailler sur le développement du logiciel libre qu'ils adorent. Pire, parfois, ils doivent même investir régulièrement dans du matériel (c'est souvent le cas des mainteneurs de pilotes libres).

Ces besoins amènent de plus en plus souvent les mainteneurs à ouvrir des campagnes de dons, afin de financer leurs projets. Ils n'ont généralement pas de gros besoin, mais cela leur permettrait souvent de travailler dans de bien meilleures conditions, sans se préoccuper de s'ils pourront manger à la fin du mois.

Le financement est donc un excellent moyen de financer un projet que vous aimez. Bien entendu, ne le faites que si vous le voulez et pouvez vous le permettre !

Pour ma part, sachez que j'ai ouvert il y a peu une page de financement sur le site Liberapay. Ce site est peut-être à ce jour un des moyens les plus pérennes de soutenir les logiciels libres, grâce à son système de dons récurrents : vous choisissez combien vous souhaitez donner (un centime, un euro, dix euros…), et votre don sera renouvelé chaque semaine.

Bien entendu, vous gardez un contrôle total sur la somme que vous donnez : vous pouvez ainsi à tout moment changer la valeur de votre don, ou même l'annuler purement et simplement.

De nombreuses personnes (développeurs, artistes, etc.) sont aujourd'hui sur Liberapay. Pensez à les soutenir !

Et bien d'autres moyens…

Ces conseils ne sont que quelques uns des moyens les plus courants de contribuer un logiciel libre. Comme vous pouvez le constater, la plupart d'entre eux consistent surtout à donner un peu de son temps pour rendre le logiciel que vous aimez un logiciel encore meilleur. Bien d'autres méthodes existent, parfois même des moyens auxquels les mainteneurs n'avaient pas pensé.

Soyez créatifs !